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La route des Frontières, sur le tracé de la route 289, débute à la jonction de la route des Navigateurs à Saint-André, traverse Saint-Alexandre-de- Kamouraska dans la MRC de Kamouraska, passe dans la réserve de Parke, longe les frontières de l'état du Maine à Pohénégamook et à Rivière-Bleue, traverse Saint-Marc-du-Lac-Long et Saint-Jean-de-la-Lande aux frontières avec le Nouveau-Brunswick, dans la MRC de Témiscouata. Enfin, elle passe à proximité des limites municipales de Packington.

La route touristique tient son nom de sa contiguïté aux frontières du Québec, du Nouveau-Brunswick et de l'état du Maine aux États-Unis. Le territoire est d’ailleurs semé de symboles rappelant cette géographie politique : postes douaniers, bornes frontalières et pont international, en plus de la frontière naturelle formée par la rivière Saint-François.

La vie de cette région a toujours été intimement liée à la réalité des territoires frontaliers: mouvements migratoires de populations, mouvements perpétuels des travailleurs, échanges commerciaux et activités de loisirs de chaque côté des trois frontières. Des récits merveilleux impliquant les frontières alimentent encore l’imaginaire: le partage du territoire entre le Canada et les États-Unis, les vagues successives de contrebande d’alcool pendant la Prohibition ou de contrebande du tabac dans les années 80/90.

La route des Frontières facilite la découverte des richesses panoramiques, naturelles, historiques, culturelles et récréatives de cette région à vocation agricole, forestière, minière et les voyageurs sont en contact constant avec des patrimoines tant naturels que bâtis propres à la région.

Grâce à des panneaux d’interprétation tout le long de la route des Frontières, il est possible de suivre les grands moments historiques intimement liés à la réalité du territoire frontalier.
L'histoire de Saint-André rappelle d'abord une présence amérindienne de plusieurs milliers d'années au lieu-dit de Rivière-des-Caps, là où s'élève précisément la colonne qui sert de repère à la Route des Frontières. Succèdent à proximité quelques installations de pêcheries de marsouins, aussi tôt que dans les années 1703-04, qui incitent les premiers colons à venir s'y établir de façon permanente. C'est aussi tout près de ce lieu que débute le sentier du Grand-Portage qui permet de relier l'Acadie à Québec via le lac Témiscouata et le fleuve Saint-Jean. La paroisse de Saint-André a été érigée canoniquement en 1791 et l'église a été construite en 1806, à quelques kilomètres plus à l'ouest. Il s'agit de la plus ancienne église du Bas-Saint-Laurent; elle est classée monument historique et on peut la visiter en saison touristique. On invite les visiteurs à découvrir aussi les beautés naturelles de la municipalité, ses sentiers de marche et ses parois d'escalade ainsi que ses auberges et ses produits du terroir.
 

La petite rivière qui borde le site de la colonne est l'une des plus importantes frayères de l'éperlan arc-en-ciel, petit poisson fort important dans la chaîne alimentaire des mammifères marins de l'estuaire. Depuis dix ans un Comité de Bassin s'active avec détermination afin de concilier les usages agricoles, résidentiels et industriels du territoire avec le maintien de la qualité souhaitable des eaux de la rivière afin d'assurer la pérennité de cette population de poissons.

Plusieurs travaux d'inventaire des lieux, de caractérisation des eaux, de plantations et d'aménagements se poursuivent chaque année pour garantir les meilleures conditions de reproduction de l'éperlan.

 
On dénombre entre 2 500 et 3 000 croix de chemin bordant toutes les routes rurales au Québec. Celles-ci peuvent cumuler plusieurs fonctions. Pour sa part, la croix à Tom conserve le souvenir d’un événement miraculeux survenu vers 1866.

La croix à Tom garde bien vivante la mémoire de Tom Fox, un Écossais catholique venu du Madawaska, un des pionniers de la construction de la route reliant Saint-Alexandre à Saint-Éleuthère, un des tronçons de ce qu’est aujourd’hui la route des Frontières.

Quoique difficile à apercevoir le long de la route, dans la réserve de Parke, la croix à Tom existe toujours. De toutes les croix dressées à Saint-Alexandre, la croix à Tom demeure certes la plus fascinante et la plus mystérieuse.
 
La mouvance migratoire au Transcontinental s’étend des années 1860 à la fin des années 1920. La région du Transcontinental, que traverse la route des Frontières, attire les gens du Kamouraska, du Témiscouata, du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Angleterre.

Fin du XIXième siècle, la campagne de colonisation des terres du plateau des Appalaches a amené les Tom Fox, Clovis Roy, Ignace Nadeau à venir bâtir Saint-Éleuthère. Au début du XXième siècle, la construction du chemin de fer du Transcontinental amène une deuxième vague de migration dans la région.

Le village de Saint-Alexandre s’est alors révélé un centre économique et de services de grande importance pour les habitants des nouvelles paroisses le long de ce qu’est aujourd’hui la route des Frontières.
 
La frontière actuelle entre le Canada et les États-Unis d’Amérique résulte de plus de deux cents ans de négociations et de traités.

Dès la ratification du Traité de Versailles en 1783 querelles et tractations politiques deviennent incessantes entre la nouvelle république des États-Unis d’Amérique et l’Amérique du Nord britannique. La zone de l’Aroostook, région frontalière du Québec, du Maine et du Nouveau-Brunswick constitue le litige.

Ce n’est qu’en 1842, avec le Traité Webster-Ashburton, que la frontière actuelle est reconnue et le dossier frontalier entre le Québec
et le Maine est définitivement réglé en 1908.
 
La contrebande et la prohibition de l’alcool nourrissent singulièrement l’imaginaire collectif des habitants de la région qui vit alors au centre d’un réseau de contrebande très lucratif.

La proximité géographique des frontières américaines et du Nouveau-Brunswick fait de la région un endroit stratégique pour l’épanouissement de la contrebande. Ainsi, dépôts et points de vente s’établissent dans les villages le long de la route des Frontières.

La vie du contrebandier n’est pas toujours facile.
 
Vers 1908 s’amorcent, à Rivière-Bleue et à Saint-Éleuthère, les travaux de construction d’une voie ferrée devant relier Moncton au Nouveau-Brunswick et la côte ouest canadienne en Colombie-Britannique.

La nouvelle ligne de chemin de fer du National Transcontinental va générer une période de développement très florissante. Grâce à elle, Rivière-Bleue et Saint-Éleuthère vont briser leur isolement géographique et vont naître les paroisses de Sully, d’Estcourt et de Saint-Marc-sur-le-Long.

Encore aujourd’hui le réseau ferroviaire au Transcontinental se révèle une ligne de transit très active.
 
La gare de Rivière-Bleue est un vestige patrimonial évoquant le souvenir d’une époque récente dynamique dans la région du Transcontinental.

Dès 1914, la gare se veut le lieu de transit par excellence. Mais comme la popularité du transport ferroviaire décroît progressivement à partir des années 1950, la compagnie de chemin de fer et le gouvernement délaissent peu à peu l’entretien du réseau. Et c’est ainsi que dans les années 1970 la gare de Rivière-Bleue fermera ses portes aux activités ferroviaires.

Depuis, la gare est préservée grâce aux efforts de bénévoles artisans.
 
Cette petite chapelle évangélique baptiste témoigne d’une époque trouble de l’histoire religieuse. Vers 1907 la communauté protestante de Rivière-Bleue prend tranquillement forme malgré la contestation du clergé catholique.

Au début des années 1920, la communauté évangélique baptiste compte environ 225 fidèles parmi lesquels des protestants francophones venus de la Nouvelle-Angleterre.

La communauté se construit une chapelle-école qui sert à la fois de lieu de culte et d’enseignement. D’illustres familles ont permis l’implantation de la communauté évangélique baptiste à Rivière-Bleue.
 
Au tournant des années 1900, la construction du chemin de fer du Transcontinental à Saint-Marc-du-Lac Long permet la découverte d’un gisement d’ardoise. Des ouvriers Européens connaissent bien l’ardoise et voient à l’exploitation de cette richesse.

De réputation internationale, l’ardoise extraite du gisement de Glendyne se caractérise par sa couleur gris bleuté que l’on attribue aux conditions de formation géologiques exceptionnelles.
 
À Saint-Jean-de-la-Lande, monsieur Romain Caron construit en 1940 un pont couvert de style Town québécois. Ce pont demeure aujourd’hui l’un des 70 ponts couverts québécois construits avec des poutres de ce type.

Aussi appelé « pont rouge » à cause de sa couleur rouge sang, le pont couvert a longtemps été considéré comme le meilleur ouvrage construit en milieu rural pour franchir un cours d’eau.
 
 
 
 
 

Pour leur part, les sculptures du Circuit animé du Transcontinental mettent en valeur des aspects tant sociaux qu’économiques qui forgent l’identité des communautés de cette région frontalière.

L’eau d’ici

Cette sculpture illustre le relation symbiotique entre l’industrie acéricole et sa capitale témiscouataine, Saint-Athanase.

Je plonge donc je suis

Cette œuvre évoque la queue du mythique monstre du lac Pohénégamook, affectueusement appelé Ponik.

En savoir plus sur
le monstre Ponik.

Rivière-Bûche

Cette sculpture symbolise deux des éléments les plus significatifs de l’histoire et du développement de Rivière-Bleue : les rivières et les scieries.

L’oiseau tonnerre

Cette œuvre érigée à Saint-Elzéar reprend le mythe de l’oiseau tonnerre symbolisé par le faucon légendaire.

Sur le pont

Cette sculpture révèle deux des symboles historiques distinctifs de Saint-Marc-du-Lac Long : un ancien pont couvert et le chemin de fer